22h45, rue Cornavin à Genève. J'ai le souffle court, je trépigne. Avec les travaux, je n'aurai jamais le bus. Je râle, je souffle, tempête, prend une beigne. La ribambelle de feux passe au vert, comme par magie, et mon père propulse tant bien que mal la Fiat jusqu'à la gare routière. Le bus est partit depuis 10minutes déjà. Miracle, n'est pas encore passé. Il ne passe pas d'ailleurs. Une heure d'attente. Deux. Ha ! Il est là. Je jette en soute ma vie, condensée en deux sacs. Ma vie, balancer par un chauffeur à l'accent douteux, dans une soute déjà surchargée. Ma vie, qui quitte le sol suisse, avec moi, grâce aux tarifs avantageux d'Eurolines.
Les minutes et les heures défilent. L'odeur des toilettes chimiques, et des autres passagers me soulèvent le coeur. Accrochée à mon accoudoir, je ferme les yeux, en vain.
Le jour arrive et nous entrons dans Paris, victorieux.
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