samedi 22 mai 2010

Manuscrit trouvé à Fist-sous-bois

J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est il encore temps d'atteindre ce corpes vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m'est chère?
J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués, en étraignant ton ombre, à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corp, peut-être. Et que l'apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrai une ombre sans doutes.
Ô, balances sentimentales.
J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps sans doute que je me réveille: je dors debout, exposé à toutes les apparences de la vie et de l'amour et toi, le seul qui compte aujourd'hui pour moi, je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres que les premières lèvres et le premier front venu.

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